Où est l’âme de Samarcande ?

Chroniques des petites et grandes désillusions (2)

Lorsqu’on entre en Ouzbékistan, on ressent un sentiment d’étrangeté que l’on ne s’explique pas immédiatement. Il faut quelques instants avant de comprendre. Les voitures sont presque toutes de couleur blanche. Et puis on se rend bientôt compte qu’elles sont toutes de la même marque américaine Chevrolet, même les minuscules camionnettes que l’on croyait japonaises. La plupart des taxis de Tachkent sont des Chevrolet Matiz, ce qui semble aberrant parce que ce sont de minuscules véhicules : mon sac-à-dos suffit à en remplir le coffre! De temps à autre, on voit passer une vieille Lada soviétique, curieusement anachronique et décalée.

Chevrolet ou Chevrolet?

L’Ouzbékistan s’est affranchi de l’URSS en 1991. Un an plus tard, le pays signait un accord avec Daewoo pour bâtir la plus importante usine automobile d’Asie centrale. Puis Daewoo a été racheté par General Motors. Dès 2011, 94% des voitures vendues en Ouzbékistan étaient des Chevrolet. Cette situation de monopole a fait flamber les prix (des Chevrolet évidemment, mais aussi ceux du marché de l’occasion) multiplié les files d’attente chez les concessionnaires, la corruption et surtout les profits de quelques bureaucrates et hommes d’affaire. Il y a quelque chose d’angoissant à marcher dans des rues où ne circulent que les mêmes véhicules. On a l’impression d’arpenter une mauvaise dystopie. Et pourtant, dans la capitale comme dans les cités mythiques de la route de la soie, vous ne croiserez que des Chevrolet blanches ou presque, et c’est comme si soudain ces villes en perdaient leur originalité et se ressemblaient toutes.


Après les grands espaces montagneux kirghizes, la steppe ouzbèke semble monotone et les villes bien bruyantes . Peut-être n’aurions-nous pas dû sacrifier à l’appel de la « culture ». Mais quoi, difficile de résister au mythe de la route de la soie ! A l’illusion littéraire! Surtout après avoir relu le roman d’Amin Maalouf!

Samarcande ! Rien que le nom est une invitation au rêve !

Samarcande! C’est une cité que l’on visite d’abord en songes. Son nom est propice à la rêverie, comme la Mégara de Flaubert.

Samarcande ! Une ville qu’on ne sait généralement pas situer sur une carte!

Samarcande, ville Sassanide tombée aux mains des Huns, puis des turcs, puis sous domination chinoise, puis sous celle des Omeyyades, des mongols…

En 1339, la ville devient la capitale de Tamerlan, un conquérant sanguinaire qui se réclame de Gengis Khan. Ses conquêtes auraient fait, dit-on, des millions de morts (certains historiens disent 17 !). Tamerlan et sa dynastie, les Timourides, ont construit les principaux monuments de la ville. Ceux-là mêmes que des milliers de touristes viennent voir chaque année.

Mausolée de Tamerlan à l’aube
Mausolée de Tamerlan
Intérieur du mausolée de Tamerlan

Le quartier historique jure cruellement avec le reste de la ville : vaste rue piétonne pavée bordée d’échoppes proprettes et de poubelles de tri tandis que l’artère qui relie la gare au marché est défoncée, arpentée par une antique ligne de tramway grinçante et parsemée de détritus.

Le centre ville refait…

On peut passer sans voir tout cela. Il suffit d’emprunter les bus climatisés des voyages organisés ou de porter les œillères des certitudes occidentales.

La vérité est que Samarcande est désormais une ville sans âme.

Autrefois, il y avait une vieille ville fourmillante d’activité et de couleurs, mais le dictateur ouzbek Islam Karimov qui a régné sans partage sur le pays durant 26 ans a fait détruire le mythique quartier d’Iskandarov, relogeant de force ses habitants à la périphérie de la ville.  Il a aussi fait ériger un mur pour séparer les quartiers populaires des principaux monuments. Le naïf verra une médina là où il faut voir un ghetto.

Un mur pour cacher les quartiers populaires

Pour faire bonne mesure, Karimov s’est aussi fait construire un mausolée mégalo un peu kitsch sur la colline en face du bazar et de la mosquée Bibi Khanum. Il semble néanmoins jouir d’une aura positive auprès des Ouzbeks: son mausolée ne désemplit pas et les jeunes mariés se font photographier sous sa statue.

Mausolée d’Islam Karimov
On n’est jamais mieux servi que par soi-même…
Dans l’ombre de Karimov

Samarcande semble factice. Désincarnée.

Nous avons fait notre possible pour échapper aux hordes et aux hardes touristiques, pour retrouver un peu de l’âme de Samarcande, pour la traquer là où elle pouvait être encore, dans les premières lueurs du jour peut-être, nous levant à quatre heures pour voir l’aube se lever sur le Registan,..

Sur les toits à l’aube…

… ou dans les étirements du crépuscule, attendant la nuit pour que les murs des médersas se teintent de reflets, ou bien encore en montant sur le toit de Cher-Dor ou les balcons de Tirra Kori grâce à la complaisance d’un gardien intéressé…

… depuis le toit de Cher-Dor

… mais cela n’a pas suffi à redonner un souffle épique à la Samarcande d’aujourd’hui: oui, les mosaïques bleues des medersas sont magnifiques et certains monuments semblent en lévitation, mais quelque chose manque, comme une présence charnelle, celle des hommes et des femmes qui autrefois vivaient adossés aux murs des mosquées et des tours bleues et que l’on a chassés comme des malpropres.

Pourtant, cette décevante réalité n’a en rien altéré la Samarcande poétique, immatérielle et transcendante, qui habite les âmes rêveuses, celles d’Omar Khayyam, d’Edgar Poe, de Marco Polo ou des voyageurs aux yeux brûlants qui aujourd’hui encore parcourent la Route de la Soie, à la recherche de trésors qui n’existent plus ailleurs que dans leur imagination. On en trouve encore quelques traces dans le calme et les miroitements bleutés des mausolées de Shal-i-Zinda, petit havre d’ombre et de lumière où de vieux ouzbeks viennent déposer des billets froissées sur les tombes des proches de Tamerlan…

Shal-i-Zinda
Shal-i-Zinda
Shal-i-Zinda

Impressions ouzbèkes

Dans le vieux bus qui nous conduit de la frontière kirghize à Andijan, en Ouzbékistan, sur la marche qui mène au compartiment du chauffeur, une jeune femme d’une trentaine d’années est assise, robe violet sombre, voile noir. Elle se tient à une barre verticale jaune, la tête appuyée contre le métal. Elle semble accablée par une infinie tristesse. La commissure de ses yeux est déjà étoilée de fines rides. J’aimerais la voir sourire et j’en fais part  à Célia en chuchotant. Comme pour m’exhausser, la jeune femme a soudain un bref sourire, découvrant des canines et des molaires en or, elle paraît furtivement amusée par ce que son mari raconte aux deux femmes assises au premier rang, mais bientôt son visage s’éteint, reléguant son sourire à de la simple politesse. Elle finit par sourire plus longuement pourtant, mais de façon lointaine, comme si elle s’était absentée d’elle-même. Ses yeux sont délavés, d’une couleur indéfinissable. Je ne sais pourquoi j’imagine un deuil. Celui d’un enfant.

La femme au regard triste est descendue…

Dans le train qui va d’Andijan à Margilan, il n’y a pas d’autres occidentaux que nous. Nous avons payé 45 centimes d’euro chacun pour faire 80 km. Dès la salle d’attente de la gare, nous avons été entrepris par un vieil homme du nom d’Abdelajon. Quelques dents en or, quelques autres manquantes, des yeux pétillants. Il a 69 ans, dit-il, mais en paraît beaucoup plus. Nous discutons maintenant avec lui par l’intermédiaire de son neveu Sordjaron qui lui-même utilise un traducteur sur son smartphone. Le vieil homme veut savoir si en France il y a des melons et des pastèques, du poisson, du kourout, s’il y fait aussi chaud qu’en Ouzbékistan, comme s’il voulait mesurer ce qui le sépare ou le rapproche de nous à l’aune de ce qui dans son pays est la norme . Et je songe à Montaigne: « Il semble que nous n’avons d’autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple des opinions du pays où nous sommes ».
La nouvelle de notre présence dans ce train a dû circuler car le contrôleur vient nous voir pour nous proposer des places en première classe, mais nous préférons rester avec Abdelajon.
A mi-chemin, tout le monde descend sur le quai pour respirer tant la chaleur à l’intérieur est étouffante.  On nous prend en photo. On nous questionne. Tout le monde est curieux de nous. Une vraie curiosité, comme celle des enfants. Les sourires et les rires illuminent les visages de la vingtaine de personnes qui nous entourent. Leur propre étonnement leur paraît légitime mais pas le nôtre. De retour dans le wagon, les gens se parlent comme s’ils étaient de la même famille.
 Nous sommes leur sujet de conversation. Une vieille femme vêtue comme une diseuse de bonne aventure me sourit. Ainsi commencent nos jours ouzbeks.


L’Ouzbékistan ne ressemble pas au Kirghizstan. Aux montagnes du Tian Shan et du Pamir ont succédé la plaine de Ferghana et les steppes sableuses; bientôt viendra le désert de Kyzylkum.

Le niveau de vie semble plus élevé, en témoignent les maisons, le parc automobile presque entièrement constitué de Chevrolet blanches. Les auberges de jeunesse y ressemblent à des riads ou des hôtels de luxe.

« Guest house » à Margilan
Dortoir dans une « auberge de jeunesse » à Tachkent

Le métro de Tachkent est soviétique, le héros national s’appelle Amir Temur, alias Tamerlan, un conquérant turco-mogol-persan du XIVe siècle, la nourriture de base semble être la viande.

Une station de métro à Tachkent
Amir Temur (Tamerlan)

Le voyageur se sent pris en otage: en quittant le pays, nous devrons faire la preuve que nous avons dormi dans des établissements répertoriés. Il est impossible de retirer des som aux distributeurs, il faut d’abord retirer des dollars (taxés) puis les changer en monnaie locale, ce qui donne lieu à nouvelle taxe.
Nous sommes sur la route de la soie, aussi visitons-nous une fabrique, heureux d’être libres de ne rien acheter: impossible de charger davantage nos sacs, déjà que nous avons entrepris de les alléger!

Tisseuse de tapis à Margilan

Telles sont nos premières impressions ouzbèkes. Nous partons demain pour Samarcande…

Et longtemps Lénine s’était voilé la face…

Chroniques des petites et grandes démesures (3)

« L’aventure est un engagement de l’être tout entier et sait aller chercher dans les profondeurs ce qui est resté de meilleur et d’humain en nous. Quand le paquet de cartes n’a pas été truqué pour gagner à tous les coups, existent encore le jeu, la surprise, l’imagination, l’enthousiasme de la réussite et le doute de l’échec. L’aventure. » — Walter Bonatti

Qu’on se figure deux chaînes de montagnes se faisant face, l’une regardant vers le nord, altière et blanche de neige ; l’autre, moins élevée et regardant vers le sud, le roc à nu, et entre les deux, une vaste steppe de 20 km, tantôt plane tantôt moutonnant en collines douces, parsemée de yourtes et de troupeaux, vaches, chevaux et yacks…

Nous devions aller d’un côté, nous sommes allés de l’autre, et voici comment.

A Och, nous prenons une marchroutka direction Sary-Moghol, tout au sud. Le mini-bus est déjà plein de paquets. Sous le siège devant moi, une pastèque – si bien que je ne peux pas étendre mes jambes – sous mon siège, un bidon – si bien que j ne peux pas les replier. A peine sommes-nous assis que nous engageons la conversation avec Étienne, un jeune français qui arpente l’Orient plus ou moins extrême depuis trois mois. Étienne est une encyclopédie vivante de la vigne et du vin, il a fait des études supérieures d’œnologie et compte bien devenir vigneron. Sa famille possède une vigne sur les Hautes Côtes de Nuit. Il lit Victor Hugo sur sa liseuse, aime Kaamelott, Orwell, Bakounine et les récits d’alpinistes. J’appelle tout le monde Joe et lui, Michel. Il manie assez peu la langue de bois. Nous sommes donc faits pour nous entendre.

Il y a 17 places dans la marchroutka mais bientôt nous serons 25, sachant que la banquette du fond est entièrement occupée par des sacs, dont les nôtres, ce qui nous a valu de payer un supplément. La travée centrale accueille marchandises et voyageurs assis sur des bidons. A côté de moi, un enfant somnole sur un petit pliant. Derrière lui, un ado passera tout le voyage à moitié couché sur des bagages. Et le voyage va être assez long, 5 heures pour couvrir les 220 km à travers les montagnes.

Au début, nous discutons beaucoup avec Étienne, jusqu’à ce qu’une grand-mère kirghize lui fasse comprendre qu’elle a mal à la tête à force de l’entendre jacasser. Nous nous taisons donc !

Initialement, nous avions prévu de pousser jusqu’à Sary Tash pour faire une randonnée dans les montagnes les plus au nord, mais la rencontre d’Etienne et d’un autre français dont nous ne saurons jamais le nom, alliée au goût pour l’imprévu font que nous nous retrouvons au KCBTA (Kyrgyz Community Based Tourism Association) de Sary Moghol à négocier un taxi qui nous mènera au point de départ de la rando pour le pic Lénine. Un 4×4 nous dépose 27 km plus loin, à 3300 m d’altitude, au bord d’un petit lac.

Le point de départ vers le Lénine

Étienne et nous plantons nos tentes loin du camp puis nous retrouvons le français sans nom le temps d’un repas dans un container aménagé. Le français sans nom est assez comique dans sa façon de parler. Il prétend faire l’ascension du pic Lénine, mais le prix annoncé par le CBT (1500 dollars) l’a refroidi. Il pense pouvoir le faire seul, il a, dit-il, du matériel : un duvet… Éclat de rire. Nous ne saurons pas s’il a réussi à mener à bien son projet…

Le ciel est magnifique et je fais mes premiers essais de photos nocturnes avec mon petit Sony (pour des questions de poids, j’ai dû faire le deuil de mon gros réflex qui est resté en France).

Le lendemain, nous partons avec Étienne avec pour projet de rejoindre le camp de base du Pic Lénine. La météo est, comme toujours, versatile.

Au premier camp de touristes, Étienne loue un réchaud et se fait estourbir, 20 dollars pour trois jours ! On lui vend aussi la cartouche de gaz dix dollars !

Premier camps de touristes

Le Pic Lénine est un monstre trapu, dont le sommet se distingue à peine de la masse blanche. Mais durant toute la journée que dure notre marche d’approche, monsieur Lénine reste voilé et ne daigne pas se montrer dans sa totalité. Il a la tête dans les nuages.

Passé le second col (4150 m), les paysages deviennent d’une infinie variété : glaciers, moraines noires, cheminées de fée, montagnes rouges, ocre, jaunes.

De temps à autres, le sentier large de 20 cm flirte avec le vide sur de vastes poussiers qui parfois s’écoulent en ruisseaux de pierres. On y côtoie des caravanes de chevaux chargés comme des mulets et il est alors périlleux de se croiser, d’autant que les cavaliers, dont la tâche est de ravitailler les camps de touristes ou d’acheminer leurs bagages, affichent une morgue hautaine et se montrent bien peu soucieux des randonneurs.

Lorsque enfin nous arrivons aux camps de base (au pluriel tant les villages de tentes ont poussé alentour comme le chiendent), nous avons déjà affronté la grêle une première fois. Nous sommes à 4400 m dans l’ombre des 7134 mètres du Lénine, une altitude qui ne connaît guère la pluie. A peine le temps de monter le bivouac dans un espace à l’écart qu’une nouvelle averse, assez violente, fait crépiter nos vestes. La grêle bientôt se transforme en neige, nous contraignant à nous réfugier longtemps sous les tentes.

On monte le camp sous la grêle.

Finalement, une brève éclaircie nous permet d’apercevoir le sommet du pic.

Je me lèverai dans la nuit, vers une heure : le ciel clair et étoilé annonce une belle journée le lendemain. La nuit sera très froide. Il gèle à pierre fendre. Notre petite tente Taurus résiste mais montre ses limites : elle n’est pas faite pour affronter la neige. La tente d’Étienne l’est encore moins ! Plusieurs fois dans la nuit, il secoue les parois de sa tente par la débarrasser de la neige qui s’accumule.

Le petit matin est merveilleux : enfin le Lénine se dévoile et toutes les montagnes alentour avec lui. Le massif baigne dans une lumière dorée presque irréelle.

Étienne s’est levé à cinq heures pour gravir le pic Yukhina (5100 m). Je me contenterai de moins avec le pic Kholm (4696 m) qui offre cependant une magnifique vision périphérique.

Du sommet du pic Kholm (4696 m)
Du sommet du pic Kholm (4696 m)
Au sommet du pic Kholm (4696 m)

Célia reste au camp, un peu affaiblie par l’altitude… Dans l’après-midi, j’irai jusqu’au pied du Lénine, traversant pour cela le vaste glacier parcouru d’un lacis de ruisseaux de fonte aux eaux bleues et brisé çà et là en profondes crevasses dont on n’aperçoit pas le fond. Au gré des caprices météorologiques, le tableau oscille entre carte-postale alpine, cliché en noir et blanc et tableau abstrait : tout dépend de ce que l’on regarde et de quelle manière on le regarde.

Le sommet du Lénine
Glaciers, soleils d’argent…

 Mais quel que soit le moment, le paysage grandiose est malheureusement sali par les villages de tentes jaunes, vertes ou oranges.

Tous pompent l’eau des torrents en aménageant des bassins en bâche plastique, creusent des fosses pour incinérer les ordures, construisent des toilettes de tôle ou de planches ; certains camps ressemblent à des décharges et je ne comprends pas le plaisir qu’il peut y avoir à y résider.

Je hais sans nuance cet alpinisme de pacotille qui ne nécessite pas de véritable engagement autre que financier. J’en viendrai presque à embrasser la vision « aristocratique » de l’alpinisme de Walter Bonatti. Mais qu’au moins celui qui veut gravir un sommet porte son sac, sa nourriture et redescende ses ordures ! Nous en avons vu qui étaient pris en charge de l’aéroport à l’aéroport ; entre temps, des chevaux et des porteurs avaient charrié leurs gros sacs et un guide les avaient menés jusqu’au sommet du Lénine. « J’ai fait le Lénine ! » diront-ils. Mais le Lénine les aura-t-il faits ? certainement pas. Ils repartiront tels qu’ils sont venus.

Malgré ces plaies colorées, le massif du Lénine est d’une éclatante beauté, même sous le mauvais temps : les glaciers se rejoignent en un immense fleuve faussement immobile qui lentement broie la vallée et la réduit en poussière noire.

Le chemin du retour, sous le soleil, nous révèlera tout ce que le mauvais temps nous avait caché à l’aller.

Nous repartons à Och avec Étienne, où nous passerons deux jours ensemble. Les rencontres de voyageurs sont franches et sincères : on n’a ni le temps ni l’envie de se farder…