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On demande rarement aux gens qui ils sont, mais plus volontiers ce qu’ils font dans la vie, comme si finalement nous nous réduisions à n’être que ce que nous faisons. L’un a été professeur de lettres; l’autre, infirmière. Pendant au moins deux ans, nous allons cesser d’ « être notre profession » pour devenir de simples voyageurs, des errants qui parcourent le monde sans rien faire de productif, au sens où l’entend notre « civilisation ». Nous ne partons pas en vacances car qui dit vacances, dit travail, et donc salaire. Nous n’aurons ni travail ni salaire. Nous n’aurons pas non plus d’adresse puisque nous ne laissons derrière nous ni maison ni appartement. Nous n’aurons donc pas de trousseau de clés pour alourdir nos poches. Nous partons avec chacun un sac sur le dos. Notre toit sera une petite tente de bivouac. Pourquoi faisons-nous cela? Parce qu’on en a envie! Et c’est la meilleure des raisons! Combien de fois dans nos vies sommes-nous vraiment en mesure de faire ce dont nous avons envie? Nous partons aussi pour voir un peu le monde! Pour rire et nous amuser. Pour profiter de la beauté des êtres et des choses. Pour être libres de notre temps. Parce que la vie, c’est maintenant! Alain & Célia

Les Mandalas De l’automne…

Chroniques d’un retour en France (4)

Nous avons passé le printemps en Thailande, l’été en Islande; voilà que nous passons l’automne en France. Où serons-nous cet hiver? Et sera-ce un hiver ou un nouvel été? Les saisons passent et s’enlacent, s’étirent ou s’effacent et nous passons sur le sable, les scorries et la lave, sous les arches des sous-bois, sur le fil étroit des collines de l’enfance, dans l’antre flamboyant des forêts, encore ivres de nos errances, libres malgré nos laisses et nos laissez-passer.

Nous tirons sur la corde, rendue ductile par nos malices, indociles à la maréchaussée, réfractaires à l’enfermement, à l’espace étriqué des cellules, à la rotondité transparente de la bulle où l’on nous somme de vivoter, toute joie ôtée.

Nous marchons en secret dans la gouge des chemins, sur les tapis épais et craquants de feuilles, sans rencontrer personne, à l’affût que nous sommes des miracles de roc et d’écorce, au milieu des mandalas que dessine l’automne et que nous parcourons en riant, soustraits aux mots d’ordre, aux maux de l’ordre imposé, ces ogres qui lentement grignotent l’horizon en avalant les dernières lignes de fuite.

Et c’est comme si soudain le monde retrouvait l’innocence, le calme et la beauté; et nous les douces folies de notre errance…