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On demande rarement aux gens qui ils sont, mais plus volontiers ce qu’ils font dans la vie, comme si finalement nous nous réduisions à n’être que ce que nous faisons. L’un a été professeur de lettres; l’autre, infirmière. Pendant au moins deux ans, nous allons cesser d’ « être notre profession » pour devenir de simples voyageurs, des errants qui parcourent le monde sans rien faire de productif, au sens où l’entend notre « civilisation ». Nous ne partons pas en vacances car qui dit vacances, dit travail, et donc salaire. Nous n’aurons ni travail ni salaire. Nous n’aurons pas non plus d’adresse puisque nous ne laissons derrière nous ni maison ni appartement. Nous n’aurons donc pas de trousseau de clés pour alourdir nos poches. Nous partons avec chacun un sac sur le dos. Notre toit sera une petite tente de bivouac. Pourquoi faisons-nous cela? Parce qu’on en a envie! Et c’est la meilleure des raisons! Combien de fois dans nos vies sommes-nous vraiment en mesure de faire ce dont nous avons envie? Nous partons aussi pour voir un peu le monde! Pour rire et nous amuser. Pour profiter de la beauté des êtres et des choses. Pour être libres de notre temps. Parce que la vie, c’est maintenant! Alain & Célia

Histoire de mes gris-gris…

Avant de partir, on nous a offert à chacun des gris-gris. La grand-mère de Célia un trèfle à quatre feuilles dans un cabochon transparent, sa mère un talisman pour les voyageurs, Géraldine et Yohann un minuscule vélo en pendentif. Au fil du temps, d’autres sont venus les rejoindre: une clef trouvée je ne sais plus dans quel pays, un pendentif en bois peint par les femmes d’Hormuz sous la férule d’Ahmad Nadalian, un artiste mondialement célèbre que nous avons rencontré dans son repaire insulaire, un mantra du Monastère d’Upper Pisang au Népal et le fameux cube à prouts en feutrine de la grand-mère de Celia (réservé aux initiés car il est l’accessoire d’un culte ésotérique dit du « C’est pas grave! ») confié aux bons soins de mon fils Axel venu nous rejoindre en Inde en décembre. A cela s’ajoutaient un éléphant en bois offert par un couchsurfer indien et un autre, minuscule et rose, trouvé par terre.

L’ensemble était accroché en grappe à un mini mousqueton relié à un ruban à l’intérieur de la poche sommitale de mon sac.
Or voilà que sur l’île de Koh Tao (Thaïlande), je découvre avec tristesse la disparition d’une partie de mes gris-gris. L’archéologie mémorielle à laquelle je me livre alors me conduit à conclure que mes gris-gris ont dû choir dans un recoin obscur d’un bungalow de l’île de Koh Rong (Cambodge).
Et voilà qu’en Islande, j’ai soudain mal dans le bas du dos; un hématome s’est formé au niveau des lombaires. En plein trek, après avoir puisé de l’eau dans une petite rivière, j’examine mon sac posé sur le sable volcanique noir, et là, coincé entre l’armature et le coussinet de silicone censé justement m’éviter les douleurs lombaires, que vois-je?  Quelque chose de rouillé! Quelque chose qui s’est glissé là je ne sais comment. Damned! C’est une clé! Je tire et j’exhume la grappe de mes gris-gris perdus…

Les gris-gris perdus…

Depuis, je n’ai plus mal au dos. C’est dire la puissance de mes gris-gris!

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