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On demande rarement aux gens qui ils sont, mais plus volontiers ce qu’ils font dans la vie, comme si finalement nous nous réduisions à n’être que ce que nous faisons. L’un a été professeur de lettres; l’autre, infirmière. Pendant au moins deux ans, nous allons cesser d’ « être notre profession » pour devenir de simples voyageurs, des errants qui parcourent le monde sans rien faire de productif, au sens où l’entend notre « civilisation ». Nous ne partons pas en vacances car qui dit vacances, dit travail, et donc salaire. Nous n’aurons ni travail ni salaire. Nous n’aurons pas non plus d’adresse puisque nous ne laissons derrière nous ni maison ni appartement. Nous n’aurons donc pas de trousseau de clés pour alourdir nos poches. Nous partons avec chacun un sac sur le dos. Notre toit sera une petite tente de bivouac. Pourquoi faisons-nous cela? Parce qu’on en a envie! Et c’est la meilleure des raisons! Combien de fois dans nos vies sommes-nous vraiment en mesure de faire ce dont nous avons envie? Nous partons aussi pour voir un peu le monde! Pour rire et nous amuser. Pour profiter de la beauté des êtres et des choses. Pour être libres de notre temps. Parce que la vie, c’est maintenant! Alain & Célia

Un an déjà!

Bilans et balivernes…

Voilà un an que nous sommes partis. Un an pour apprendre à mieux effleurer le monde de nos pas… Il est bien trop tôt pour dresser un vrai bilan, tout au plus pouvons-nous évoquer quelques images, quelques « si c’était à refaire » dits sans regrets parce que nous savons que ce qu’il y a « à refaire », eh bien nous le referons!


Le Kirghizistan d’abord, parce qu’en juillet 2019, nous étions tout jeunes, tout éblouis par notre propre liberté et que nous ne savions qu’en faire. Nous garderons toujours en nous le temps passé à Karakol, le rire éclatant d’Elvira la khirghize, l’insouciance de Marie et Maïna, la paix absolu du lac de Kol Ukok, la démesure du Pic Lénine aperçue en compagnie d’Etienne. Nous retournerons à  Sary Mogol, c’est certain, dans l’ombre du Pamir, parce que là-haut il y a quelque chose qui demande temps et patience pour être perçu et compris.

Nous garderons la gentillesse de la famille Zafar à Boukhara et ce parfum d’Orient mythique qui survit encore dans cette ville d’Ouzbékistan.

Nous garderons l’énigme Merdan Charyarov notre hôte à Achgabat, dont je ne saurais dire s’il était un fervent prosélyte de la dictature turkmène ou bien quelque habile Winston déjouant avec malice les pièges du Télécran et de la Police de la pensée.

Nous garderons le tourbillon iranien, la laideur animée des villes du nord, l’absolue gentillesse des gens, leur hospitalité, toutes ces âmes effleurées, Reza et sa famille, Mohammad et Myriam, le talent photographique de leur fils Iman (Instagram: iman.parviin); Ali et Mohammed, rencontrés au château de Rudkan; Ali Massood le Kurde avec qui je parle souvent par WhatsApp, Saeed et Fatima à Ispahan avec qui un jour nous voyagerons; Ali Hosseini l’Afgan et sa nombreuse famille, Ghorban et sa fiancée, Mohammed Moussavi qui récitait si bien les poèmes de Hafez… Nous garderons comme un trésor les quelques jours passés sur les îles  d’Hormuz et Qeshm en compagnie de Marius et Shin, le bain au milieu du plancton luminescent, les dauphins, le stop en niveleuse et en camion benne; et les déserts, oh oui les déserts!

Nous garderons l’accueil de Guillaume à Dubaï, l’étrangeté de cette ville folle posée sur le désert.

Nous garderons les vingt jours de marche autour des Annapurna, la souffrance parfois, les jours de solitude absolue dans le Lower Mustang, l’immensité.
Nous retournerons au Népal pour y prendre davantage notre temps, pour musarder dans les villages perdus et mieux connaître les gens.

Nous garderons l’Inde folle de Varanasi, celle des grandes chauves-souris d’Udaïpur, celle des Backwaters en compagnie de mes enfants, les bubble waffles; les dosas énormes avec Chloé, le scooter sur les pistes dangereuses du Kerala, les rhinocéros de l’Assam, le pire voyage en bus que nous ayons fait (pour l’instant) jusqu’à Imphal.

Nous garderons l’authenticité et la douceur birmanes, l’aube sur Bagan avec Chloé et Vincent, les parties de Tichu, les randonnées en vélo autour du lac Inle.

Nous garderons le Cambodge avec mon frère  Christian, Angkor à vélo, les après-midi passés à se balancer dans des hamacs, à regarder couler le Mékong ou se balancer les palmiers de Koh Rong.

Nous garderons la Thaïlande en stop, les plongées au milieu des requins sur Koh Tao, le monde qui soudain se ferme, le pot-au-noir à Khanom durant trois mois, à attendre que des vents favorables se lèvent enfin; mais aussi les aubes merveilleuses, le goût des mangues et des ananas, la gentillesse de Supachai, notre hôte.

Aujourd’hui, nous devrions être au Ladakh, nous sommes en Islande et, bien que nous ayons dû bouleverser notre plan de route, c’est un enchantement de tous les instants, parce que nous sommes dehors et que nous avons le temps, tout un été pour découvrir ce pays où le ciel est plus grand qu’ailleurs.

Alors la vie est belle à n’en pas douter!

Lóndrangar – Islande