Tous les articles par admin

On demande rarement aux gens qui ils sont, mais plus volontiers ce qu’ils font dans la vie, comme si finalement nous nous réduisions à n’être que ce que nous faisons. L’un a été professeur de lettres; l’autre, infirmière. Pendant au moins deux ans, nous allons cesser d’ « être notre profession » pour devenir de simples voyageurs, des errants qui parcourent le monde sans rien faire de productif, au sens où l’entend notre « civilisation ». Nous ne partons pas en vacances car qui dit vacances, dit travail, et donc salaire. Nous n’aurons ni travail ni salaire. Nous n’aurons pas non plus d’adresse puisque nous ne laissons derrière nous ni maison ni appartement. Nous n’aurons donc pas de trousseau de clés pour alourdir nos poches. Nous partons avec chacun un sac sur le dos. Notre toit sera une petite tente de bivouac. Pourquoi faisons-nous cela? Parce qu’on en a envie! Et c’est la meilleure des raisons! Combien de fois dans nos vies sommes-nous vraiment en mesure de faire ce dont nous avons envie? Nous partons aussi pour voir un peu le monde! Pour rire et nous amuser. Pour profiter de la beauté des êtres et des choses. Pour être libres de notre temps. Parce que la vie, c’est maintenant! Alain & Célia

L’Inde à l’envers

Le Meghalaya, c’est un peu l’exception indienne. Ici, 75 pour cent de la population est chrétienne, on chante des Gospels à la messe et surtout une partie de la société est matrilinéaire. Dans la tribu des Khasi, qui constitue la moitié de la population de ce petit état, ce sont les femmes qui sont légataires des terres et des titres. La naissance d’une fille est vécue comme une fête. Les mariages sont des mariages d’amour. Divorce et remariage sont autorisés. Une Inde à l’envers en quelque sorte!

Le Meghalaya, cela signifie la demeure des nuages. C’est un des lieux les plus pluvieux de la planète. Les précipitations nourrissent d’immenses jungles épaisses, creusent des gorges où les rivières se précipitent en hautes cascades. Les arbres sont immenses et leurs racines aériennes sont tissées en ponts par les Khasi pour enjamber les torrents.

Les villages se blotissent dans le creuset de vallées luxuriantes où poussent bananes, ananas, pamplemousses et oranges, on y accède par des escaliers sans fin: presque 5000 marches pour descendre depuis Mawsahew jusqu’à Nongriat où se cache le Double Decker Bridge.

Pamplemousses
Le double Decker bridge
Le double Decker bridge

Nous sommes venus à la saison sèche. Les eaux étaient basses et certaines cascades taries. Vaillamment nous avons avalé 10000 marches et nous avons vu les ponts racines. Aujourd’hui, ils ne servent guère plus que de plateformes à selfies. Il a fallu s’enfoncer d’un bon kilomètre dans la jungle pour enfin trouver le calme et la solitude, près d’un pont sans nom qui enjambe de grands rochers où volettent des multitudes de papillons.

Chloé a collecté des trésors, nous avons scruté les arbres, à la recherche d’invisibles oiseaux colorés dont les chants disaient pourtant la présence et observé d’énormes araignées suspendues au-dessus des chemins.

Puis il a fallu repartir pour une très longue route en direction de l’ancien royaume du Siam…