Automne, hiver et printemps dans le jardin de Lidia et Guy

La parution de mon livre a dévié notre route. Et ce fut un autre voyage. Pour Célia comme pour moi.
Pour la première fois depuis l’été 2019, nous avons eu un point fixe (exception faite des trois mois de confinement doré en Thaïlande où j’ai écrit mon livre) et passé plus d’une saison au même endroit.
Eygalières, où nous avons mené une vie de châtelains insouciants, puisque nous avions un toit où passer l’hiver. Et quel toit! Je remercie… quoi? La providence? Notre bonne étoile? La pensée magique? Alors oui, disons la pensée magique qui, comme son nom l’indique, est magique. Abracadabra et soudain la vie devient plus facile! Vous n’y croyez pas? Vous vous dites qu’il y a un truc? Mais du coup vous perdez la magie. Je préfère la magie à la recherche des trucs. On ne gagne rien à chercher les trucs. Juste du désenchantement. La magie n’a pas de truc. La vie est bien plus simple quand on croit à la magie!
Eh quoi? Passer l’hiver dans notre tente de toit? Pas simple, l’hiver français; pluvieux et froid l’hiver français!

Notre tente de toit, ici à Saint-Privat, en visite chez Frédéric Ploussard, auteur de l’excellent premier roman « Mobylette ».

Célia surveillait « Mind my house », un site qui met en contact des gens qui veulent faire garder maison et animaux avec d’autres qui n’en ont pas. De temps en temps, elle me disait tiens, il y a une maison à garder ci où là. Mais je faisais la fine bouche. Jusqu’à l’annonce de Lidia qui suggérait que sa maison conviendrait parfaitement à un artiste ou un écrivain. C’était pour nous, j’en étais sûr. Et ce fut pour nous. Mon livre a servi de caution, en quelque sorte.
Deux mas, un parc, deux chiens, trois chats, une dizaine de poules et la lumière de Provence…

Ainsi donc nous avons hiverné (et non pas hiberné), un peu comme on remise sa roulotte sous un hangar en attendant les beaux jours, un peu comme des coucous qui s’en vont occuper le nid des autres…
Et quel nid que le mas de Lidia et Guy!
Lidia et Guy, qui nous ont fait confiance et laissé en garde maisons et animaux, dans un merveilleux écrin paysager, arrière-plan de ciel bleu sur les Alpilles, jardin comme un Eden, bassins et cascade, petit amphithéâtre, allées couvertes, immenses platanes, pins, oliviers, et même un araucaria au sommet d’un volcan stylisé.

Après des mois passés dans notre tente de bivouac, dans des dortoirs, dans des chambres extrêmement pittoresques, et dans un petit van, voilà que nous étions devenus châtelains. Et presque sédentaires! Presque parce que nous savions que ce serait provisoire. Presque parce j’ai quand même beaucoup voyagé en France, essentiellement en train, pour mon livre…

Le voyage du livre

Célia a travaillé quelques mois, vacations dans un centre de vaccination et serveuse au Café de la Place, à deux kilomètres…

Le Café de la Place au petit matin

Elle y a débarqué un matin avec son CV d’infirmière-globe-trotteuse en reconversion, photo de coin avec sac-à-dos… Pensée magique encore, elle a été aussitôt engagée. Merci Mylène!

Souvent, le matin, je partais avec ou sans les chiens à travers les garrigues pour aller boire un café au Café de la Place. J’écrivais aussi, dans le bureau de Lidia et Guy, avec vue sur les oliviers, guettant le Pic vert qui chaque jour venait me visiter.

Fond d’écran…
Clin d’œil à Chantal Dupuy-Dunier et à son si étonnant premier roman « La langue du Pic vert ».

Là, j’ai écrit des nouvelles et continué un roman commencé en Islande durant l’été 2020.

L’histoire de mon second roman est née ici, près d’un petit lac au-dessus du Fjord de Vatn…

Agréable vie, paisible et douce -à peine dérangée par l’agitation des gares et des voyages – à contempler les métamorphoses du jardin au gré des saisons, fin d’automne, hiver et bribe de printemps pleine de bourgeons et de fleurs.

Promenades, cuisine freegane puisque les marchands de primeurs jetaient bananes, avocats et fraises à la fin du marché d’Eygalières, lecture, crochet aussi pour Célia qui s’est lancée dans la confection de petits animaux et de personnages en coton.

Existence presque insulaire que cette vie, car les jardins sont des îles. Celui de Lidia et Guy est un havre secret dans l’océan des garrigues.

Nous l’avons récemment quitté pour d’autres voyages.
Le mois de mai sera remuant. Encore le livre pour moi, rencontres et festivals; le Maroc pour Célia, en compagnie d’une amie infirmière qui n’a pas eu de vacances depuis le début de la pandémie…

En route pour le Maroc…

La suite?
On the road again, again!
Oú, comment?
Patience, on vous expliquera…

Une réflexion sur « Automne, hiver et printemps dans le jardin de Lidia et Guy »

  1. Maintenant j’ai les larmes aux yeux! Plus tard je pourrais peut-être écrire plus. Peut-être suffit-il de dire que je fais confiance aux gens qui croient à la magie? La vie est plus belle lorsqu’on se rencontre.

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